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Conseil Municipal du 15-01-07. Intervention de Jean-Luc DAUBAIRE

lundi 15 janvier 2007

En ces débuts de campagne électorale, gageons que comme les autres fois, tout le monde va y aller de son petit couplet écolo, histoire de se donner une bonne image … L’histoire nous a appris que trop rares sont ceux qui ont le courage ensuite de mettre en œuvre ces belles promesses, à commencer par le Président de la République lui-même, qui, le premier, préfère regarder ailleurs quand la maison brûle… Pourtant après bien des années de contradiction, de négation, chacun reconnaît aujourd’hui que le réchauffement climatique auquel nous sommes déjà confrontés sera d’une ampleur sans précédent pour l’humanité. [ici, JL Daubaire a demandé, au nom du groupe Vert, que le film « Une vérité qui dérange » soit diffusé lors d’une séance du Conseil de Rennes Métropole, suivi d’un débat]

Des personnalités plus connues pour leurs compétences que pour un quelconque engagement environnemental, nous lancent aujourd’hui un cri d’alarme : « Qu’attendons-nous pour faire face au réchauffement climatique qui nous menace ? Il nous faut dès maintenant limiter les émissions de Gaz à Effet de Serre par tous les moyens dont nous disposons », nous disent Pierre Gilles de Gennes, professeur au Collège de France, Académicien des sciences et prix Nobel de physique, Georges Charpak, Académicien des sciences et prix Nobel de physique et Jean-Marie Lehn, Académicien des sciences et prix Nobel de chimie, dans un article paru le 26 décembre dernier dans le Figaro. Article dans lequel ils nous demandent aussi, « chaque fois que c’est possible de mettre en œuvre des techniques de production d’énergie à partir de combustibles non fossiles », avant de nous rappeler, je cite, que « le solaire thermique, la géothermie et la biomasse doivent se développer [au plus vite, ndlr] pour le chauffage des locaux et la production d’eau chaude. »

Si nous, écologistes, acceptons de nous entendre dire que nous sommes trop alarmistes, que répondez-vous, mes chers collègues, à ces trois prix Nobel ? Car c’est bien de notre réponse dont il s’agit lorsque nous faisons des choix de construction, d’équipement, d’aménagement. Dans les délibérations 6, 7 et 8 qui nous sont proposées ce soir nous évoquons un certain nombre de réalisations. Si le choix d’une chaudière à condensation est tout à fait intéressant à l’Espace Social des Champs Manceaux, le fait d’isoler par l’intérieur comme on le fait déjà depuis près de 30 ans risque de porter préjudice aux performances du bâtiment, à cause des ponts thermiques, que, si mes renseignements sont bons, on n’arrive pas à juguler … Partout ailleurs, en Europe mais aussi bientôt à la Courrouze, on isole par l’extérieur, seul type d’isolation efficace contre les pertes…efficace l’hiver mais aussi l’été !

Que dire du square Colmar à Cleunay, où l’architecte, avec un terrain orienté nord-sud, nous pond un projet est-ouest avec 30 à 40 mètres de rampe pour l’accès des automobiles !
Trop de bâtiments construits aujourd’hui seront demain inaptes à faire face aux conditions de vie. La Réglementation Thermique 2005, par exemple, et on le sait par les expériences réussies dans presque tout le reste de l’Europe, ne permettra pas de vivre dans des conditions optimales demain. Il est vrai que lorsqu’elle a été élaborée, nombreux étaient ceux qui nous expliquaient qu’il n’y avait pas de réchauffement climatique ! mais un cycle naturel de la terre !
Alors, on nous brandit les surcoûts, les budgets prévus trop courts. J’ai, je crois maintes fois, dit dans cette assemblée qu’il fallait sortir de cette logique à court terme du surcoût pour regarder à long terme et j’ai souvent demandé qu’on parle de coûts déplacés plutôt que de surcoût.
Je ne suis plus le seul à dire cela.

L’Institut pour le Développement Global et l’Environnement des universités américaines chiffrent le coût du réchauffement climatique à 20 000 milliards de dollars par an en 2100,
Le rapport de Sir Nicolas Stern, responsable des études à la Banque mondiale, qui a été présenté au G8 du 3 octobre dernier parle lui d’un coût de 5,500 milliards d’euros sans compter les millions de réfugiés et le coût, je cite, « des catastrophes dites naturelles. »
Et si le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Changement climatique (GIEC) arrive à un total probable de 15 millions de milliards d’euros (600 fois la production mondiale annuelle), plus près de nous les sénateurs Claude Saunier et Pierre Laffite estiment que les conséquences physiques et économiques ont été très largement sous estimées, au moins trois fois (rapport du 27/06/06).

En fait tous ces experts nous redisent « que lutter dès aujourd’hui contre le changement climatique coûtera beaucoup moins cher que l’inaction. »

Vous avez dit surcoût ?
On ne peut quand même pas considérer que tous ces gens-là auraient perdu la raison et diraient n’importe quoi…

Alors rendons-nous à l’évidence. A chaque fois que nous laissons “passer’’ un bâtiment moyen, à chaque fois que nous manquons de force pour exiger, comme le font les Belges, les Allemands, les Hollandais, les Danois, les Espagnols, les Grecs, des bâtiments passifs, nous portons une lourde responsabilité dont il faudra un jour ou l’autre répondre.
Surtout que maintenant on ne pourra plus dire qu’on ne savait pas. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas réduire les surcoûts, puisque nous avons à Rennes Métropole quelques élus comme le maire de Mordelles par exemple qui, parce qu’ils ont été vigilants, volontaires, ont réduit ces fameux surcoûts de moitié.
Enfin, et je sais que mon collègue Guy Potin suit tout cela de très près, c’est donc au reste des collègues que je m’adresse. La Caisse des Dépôts et Consignations offre depuis la fin 2006 à tout projet de logement social de Très Haute Performance Énergétique (soit bien supérieure à la Réglementation Thermique 2005) un taux de prêt de 2,45% permettant justement de financer ces surcoûts. Je ne vois donc plus aucune raison mes chers collègues de ne pas dès aujourd’hui être beaucoup plus exigeants sur les programmes, de ne pas s’engager comme savent déjà le faire tant d’autres sur la construction de bâtiments passifs et d’aménagements responsables.
C’est en tout cas à partir de cette analyse que les Verts voteront ou non, dorénavant les délibérations de ce type qui seront proposées à cette assemblée,
Pour ce soir nous nous abstiendrons sur la délibération numéro 6 et resterons vigilants sur les futures délibérations qui seront présentées à ce conseil.

Jean-Luc Daubaire

Adjoint au Maire

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